L’importance du « background check »

En particulier lorsqu’on engage une personne pour un poste où une grande confiance est donnée, où il y a une forte sécurité, pour un poste à responsabilité, au gouvernement, etc. le recruteur va réaliser ce qu’on appelle un “background check”. En général, il se limite à quelques vérifications de base, notamment ton casier judiciaire et tes derniers emplois exercés. On pourra éventuellement demander s’il y a eu des litiges ou conflits lors de l’exercice des professions précédentes, vérifier si tu as bel et bien obtenu les titres que tu prétends avoir.

Aux Etats-Unis par exemple, en étant muni d’un nom et d’un numéro de sécurité sociale, on peut obtenir une masse incroyable de données, toutes plus détaillées les unes que les autres. Ainsi, on pourra, en consultant des registres officiels publics ou d’autres sources à disposition, trouver ton adresse, ton numéro de téléphone, savoir si tu possèdes ou non la maison ou l’appartement dans lequel tu habites, connaître la valeur de cet habitat et le nom des personnes qui y ont résidé avant toi les dix années précédentes, savoir si tu as une voiture, un bateau, une arme à feu, un avion, ou un compte bancaire… A priori, rien de trop alarmant.

En Suisse, il est possible en général d’obtenir la plupart de ces informations sans trop d’effort. Toutes ne sont pas accessibles sur Internet, gratuitement. Et contrairement aux Etats-Unis, la Suisse (et l’Europe) ont des lois sur la protection des données. Alors qu’aux Etats-Unis, la société qui détient des informations à ton sujet en est propriétaire, de telle manière qu’aucune action en justice n’est possible, qu’aucun droit moral, légal, ou de propriété n’existe en ta faveur sur ces données. (Voir par exemple : Qui lit les conditions d’utilisation des logiciels et services web ?)

Dès lors, qu’est-ce qui empêche le recruteur de fouiller encore plus loin, sachant qu’à partir du moment où il détient toutes ces informations, il n’est qu’à quelques clics à peine du plus gros agglomérat de données – le web –, dont font partie les commentaires sur des blogs ou sites de nouvelles, les amis et publications sur Facebook ou Twitter ; données qui, mises en commun, peuvent former un formidable (mais dangereux) profil du candidat. Aux Etats-Unis, rien ne l’en empêche, des entreprises proposent même leurs services dans cette activité ! En Europe, c’est très différent. Nous avons heureusement de multiples moyens de protection efficaces, en apparence en tout cas.

Quand tu consultes le dossier ainsi constitué d’une autre personne, tu arriveras peut-être à la conclusion que ce qu’on y lit ne sont que des mondanités de peu de valeur, souvent inintéressantes, voire inutilisables. Comment réagiras-tu si c’était ton dossier qu’on te faisait lire ?

Article inspiré de celui d’Andreas M. Antonopoulos, sur ComputerWorld.