Facebook & Cie, maintenant ça suffit !

Si vous doutiez encore que certaines grandes sociétés médiatico-technologiques comme les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) se fichent de nous, foulent aux pieds nos règles légales sur la protection des données et cherchent à se faire de l’argent par tous les moyens, ne doutez plus. Facebook a récemment et allègrement franchi un pas dans l’illégalité.

Facebook se fiche de nous

Le 26 mai 2016, Facebook a annoncé, par le biais d’un article transpirant la bonne humeur, qu’il allait désormais diffuser de la publicité à tous les internautes, y compris ceux qui ne sont pas inscrits sur le réseau social.

Facebook sait depuis 2009 quand vous êtes sur une page web d’un site qui affiche un bouton “Like” ou “Partager” (rassurez-vous, pas sur ce blog), que vous ayez un compte ou non. Mais jusqu’à présent, Facebook déclarait ne pas utiliser les données récoltées.

Pour rappel, même la collecte de données doit être reconnaissable et j’ai démontré récemment qu’elle ne l’est pas sur le web. Et même si vous acceptez que le site que vous visitez collecte des données à votre sujet (à supposer que vous ayez lu les conditions générales à ce sujet), à aucun moment vous n’avez accepté celles de Facebook si vous n’avez pas de compte sur ce réseau social.

L’année passée, en novembre, la justice belge avait interdit à Facebook de traquer les internautes non utilisateurs du réseau social, ce qui avait pour conséquence que les Belges sans compte Facebook ne pouvaient plus consulter les pages Facebook et les profils publics s’ils n’avaient pas de compte.

En février de cette année, c’est la CNIL (le préposé français à la protection des données) qui avait imparti 3 mois à Facebook pour faire de même.

Désormais, Facebook déclare ouvertement (c’est déjà ça) qu’il se fiche pas mal de votre consentement. Vos données iront dans le système “Facebook Audience Network” qui gère la publicité ciblée. Cela signifie que Facebook et ses partenaires auront maintenant connaissance de vos habitudes de navigation, sans que vous ne vous en rendiez compte, et sans votre accord.

Le but (non avoué, mais évident) est d’engranger encore plus d’argent que les 17 milliards de dollars de revenus publicitaires de 2015.

Facebook n’est évidemment pas le seul, et ce n’est malheureusement pas inhabituel. Mais compte tenu de la taille de cette entreprise et de son emprise grandissante sur les médias, ce genre de pratique donne des sueurs froides. Le principe de l’opt-out devrait être proscrit. Il faut qu’on mettre un terme à ces habitudes qui consistent à supposer le consentement de quelqu’un tant qu’il n’a pas formulé son désaccord. Ce d’autant que c’est peu avant de formuler notre désaccord que l’on est mis au courant de ce qui se passe. C’est vraiment détestable et malhonnête. On fait et tant pis si ça rue dans les brancards. Tant pis si, au passage, on viole le droit de tout un continent. Parce que quand il s’agit de remplir son porte-monnaie, tous les moyens sont bons.

Comment désactiver cela ?

Facebook permet de désactiver cette collecte de données. Grand seigneur ? Pas du tout. Heureusement que les autorités de protections des données veillent au grain (on l’espère), bien qu’elles n’aient apparemment pas encore réagi à cette annonce, qu’elles n’ont certainement pas dû trouver à leur goût.

Facebook fournit de vagues conseils sur la manière de désactiver ce tracking.

Pour ceux qui ont un compte Facebook, il suffit de paramétrer vos réglages de confidentialité comme sur l’image ci-dessous.

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Paramètres de publicité de Facebook

Pour les Européens (Suisses inclus) qui n’ont pas de compte Facebook, cela peut se faire par ici en cliquant sur “désactivé” en face de Facebook, pour demander le refus des publicités ciblées. (Il faut faire ce réglage sur chaque appareil, et le refaire si vous effacez régulièrement les cookies. Il faut également activer les cookies de tierces parties pour que cela fonctionne.)

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Your Online Choices